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Lundi 8 février

Parole de Dieu du jour : Marc 6,53-56

Commentaire :

L’Évangile de saint Marc est plein de mouvement ! Nous rencontrons plusieurs fois des passages parlant d’une « traversée ». Pour nous, traverser peut signifier laisser quelque chose derrière afin d’être avec Jésus. Cela demande d’être prêt à prendre des risques, à s’éloigner de ce qui est familier et confortable pour suivre Jésus dans une nouvelle situation. Une bonne prière consiste à demander chaque matin : « Seigneur, où irons-nous aujourd’hui ? »

Les gens le reconnurent ; Seigneur, où vais-je te reconnaître aujourd’hui ? Donne-moi des yeux pour te voir dans les pauvres, les méprisés, les malheureux de la terre.

Les gens venaient nombreux à la rencontre de Jésus parce qu’ils espéraient la guérison pour eux-mêmes ou pour leurs malades. Nous prions souvent selon nos besoins ; nous prions aussi pour découvrir comment agir au nom de Jésus par exemple,  dans la continuité de la journée des malades que célébrions hier : prendre souci de son voisin malade à visiter. La condition de disciple nous amène à la fois vers l’amitié et le partenariat. Soyons reconnaissants pour ces appels, et rendons grâce en nous rappelant qu’à chaque fois que nous rencontrons le Seigneur, nous sommes guéris et fortifiés.

« S’occuper des malades n’est pas une activité facultative »,

rappelle le Pape lors de l’Angélus

ANDREAS SOLARO / AFP

 Prendre soin des malades fait « partie intégrante de la mission » des chrétiens, a déclaré le pape François lors de l’Angélus prononcé depuis la fenêtre du Palais apostolique au Vatican ce 7 février 2021.

Dès le début de son ministère, Jésus montre sa prédilection pour les personnes qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit : « C’est la prédilection du Père, qu’il incarne et manifeste en actes et en paroles », a déclaré le pape dans sa catéchèse. Ses disciples en ont été les témoins oculaires, mais Jésus ne voulait pas qu’ils soient de simples spectateurs de sa mission : il les a impliqués dans sa mission.

La réalité vécue dans le monde entier à cause de la pandémie rend ce message « particulièrement pertinent », a estimé le Pape. « S’occuper des malades de toute sorte n’est pas une “activité facultative” pour l’Église ». « Non, c’est une partie intégrante de sa mission, comme ce fut celle de Jésus : apporter la tendresse de Dieu à l’humanité souffrante ». Il s’agira de le rappeler le 11 février, a-t-il souligné, Journée mondiale des malades, instituée par Saint Jean Paul II.

Face à la réalité de la maladie, la question du “pourquoi” se pose toujours, a-t-il encore observé. À cette question, Jésus répond non pas par une explication, « mais par une présence d’amour qui se prosterne ». Le Fils de Dieu manifeste sa seigneurie non pas “d’en haut vers le bas”, non pas à distance, mais dans la proximité, la tendresse et la compassion.

MÉDITATION DU JOUR

Nuit et jour 

La fragilité de l’alliance entre le jour et la nuit caractérise une création menacée par l’immense fond, muet et chaotique, des ténèbres primitives qui, rebelles à leur limitation par la parole créatrice, cherchent à effacer les réalités distinctes que cette parole fait être. Les ténèbres semblent en effet vouloir se venger en envahissant la nuit au point de la faire ressembler à une détresse insurmontable et à un effroi sans fin. L’énigme de cette puissance des ténèbres, dans une création déclarée bonne par son Créateur, tourmente ceux qui ne se laissent pas envoûter par elles mais qui voient bien combien grandes sont leurs menaces. Cependant, pour des spiritualités initiées et orientées par le récit biblique, celles-ci ne condamnent pas fatalement à l’emprise du désespoir : elles mettent plutôt chacun au défi quotidien de faire triompher la parole d’alliance sur le maléfice de la confusion primordiale. Ce combat dure toute la vie car la part de jour gagnée sur les ténèbres manque toujours de stabilité. Il commence dans l’intériorité de chacun, dans le désir difficile et souvent douloureux de faire émerger, en soi, de soi, mais pas seulement pour soi, des pensées, des mots et des actes qui avivent encore le goût de la lumière, surtout en tous ces moments de fièvre et de misère, quand on ne sait plus discerner la nuit du jour parce que le reflux de la lumière paraît devoir tout envahir, jusqu’à laisser exsangue et vaincu. 

Catherine Chalier

Catherine Chalier (née en 1947) est une philosophe spécialiste de Lévinas et de la pensée hébraïque. / La Nuit, le jour. Au diapason de la création, Paris, Seuil, 2009, p. 235-236.