En ce 5° lundi de carême, dans le temps de la Passion, l’oraison du jour, la Collecte qui rassemble tous les désirs spirituels des fidèles et les unifie à toute l’Église nous fait prier ainsi : « Dieu qui nous comble de bénédictions par la richesse infinie de ta grâce, fais-nous quitter ce qui ne peut que vieillir, fais-nous entrer dans ce qui est nouveau, et nous serons préparés à la gloire du Royaume. » Et la 1° Préface de la Passion nous enseigne, dans sa prière adressée au Père éternel : « Oui, l’univers entier, sauvé par la Passion de ton Fils, peut désormais confesser ta gloire : par la puissance de la croix apparait en pleine lumière le jugement du monde, la victoire du Crucifié.« Pour notre prière de ce jour voilà de la nourriture spirituelle, commune à toute l’Église catholique répandue à travers le monde.
Nous sommes invités à contempler la résurrection de Lazare, par Jésus, à Béthanie de Judée. C’est le dernier grand signe de Jésus dans l’Evangile selon St Jean (Jn 11, 1-45). Après la guérison de l’aveugle-né, voilà que la mort est vaincue par Celui qui est la Résurrection et la Vie ! Celui qui a dit « Je suis la lumière du monde » (Jn 9, 5) offre la vie à ceux qui dorment dans le sommeil de la mort et que Lazare représente. Les textes de la messe de ce Dimanche nous orientent vers la Semaine Sainte et nous encouragent dans notre foi face au mal et à la mort. La collecte de ce Dimanche nous fait prier ainsi : « Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d’imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. » Et la préface dira : « … le Christ notre Seigneur. Il est cet homme plein d’humanité qui a pleuré sur son ami Lazare ; il est Dieu, le Dieu éternel qui fit sortir le mort de son tombeau : ainsi dans sa tendresse pour tous les hommes, il nous conduit, par les mystères de sa Pâques, jusqu’à la vie nouvelle.« Bon 5° Dimanche de Carême unis par la prière et la charité !
Lors de la méditation avant l’Adoration du Saint Sacrement et la bénédiction Urbi et Orbi, le Saint Père a prononcé les paroles suivantes :
« Le soir venu » (Mc 4, 35). Ainsi commence l’Evangile que nous avons écouté. Depuis des semaines, la nuit semble tomber. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant, qui paralyse tout sur son passage : cela se sent dans l’air, cela se ressent dans les gestes, les regards le disent. Nous nous retrouvons apeurés et perdus. Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps tous importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette barque… nous nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule voix et dans l’angoisse disent : « Nous sommes perdus » (v. 38), nous aussi, nous nous nous apercevons que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul, mais seulement ensemble.
Il est facile de nous retrouver dans ce récit. Ce qui est difficile, c’est de comprendre le comportement de Jésus. Alors que les disciples sont naturellement inquiets et désespérés, il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier. Et que fait-il ? Malgré tout le bruit, il dort serein, confiant dans le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –. Puis, quand il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, il s’adresse aux disciples sur un ton de reproche : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).
Le Pape a annoncé qu’il présiderait un temps de prière ce vendredi 27 mars à 18h sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. La Place Saint-Pierre sera vide, mais François invite tout le monde à s’y associer grâce aux médias, car cette célébration sera retransmise à la radio, à la télévision et sur internet. «Nous écouterons la Parole de Dieu, nous élèverons notre supplication, nous adorerons le Saint-Sacrement, avec lequel je donnerai à la fin la bénédiction Urbi et Orbi, à laquelle sera attachée la possibilité de recevoir l’indulgence plénière.» Cette initiative est tout à fait exceptionnelle, la bénédiction Urbi et Orbi n’étant normalement prononcée qu’à Noël, à Pâques et lors de l’élection d’un nouveau Souverain pontife.
« À la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse. Restons unis. Faisons sentir notre proximité pour les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité pour les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires… Notre proximité pour les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles, mais pour notre bien. Notre proximité aux policiers, aux soldats qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route, pour que s’accomplissent les choses que le gouvernement demande de faire pour le bien de nous tous. »