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Jeudi 19 novembre

PAROLE DE DIEU DU JOUR : Evangile selon St Luc 19,41-44

COMMENTAIRE

Jésus a pleuré sur Jérusalem; il était attristé par la résistance à la parole de Dieu, car « il prévoyait » le désastre auquel son peuple ferait bientôt face.  Juste après, il chassera les marchands du Temple. Évidemment cette parole de Jésus est empreinte de l’expérience de la destruction du Temple en 70 après Jésus Christ par les romains, avec son lot de persécutions, dont Luc se fait, ici, le porte-parole… En voyant ce qui se passe autour de nous,  dans nos familles, dans notre pays, dans le monde, nous sommes parfois envahis d’un sentiment de  tristesse, de découragement… Devant le mépris de la vérité et de la justice, la corruption et les souffrances que cela entraîne, Seigneur, prends pitié de nous !

Nous le voyons dans les évangiles, Jésus est souvent rempli d’un ardent désir face aux personnes qu’il rencontre; les malades et les pécheurs, il les invite à se laisser regarder par Dieu. Dans l’évangile d’aujourd’hui, il regarde Jérusalem et prie pour ses habitants, afin qu’ils accueillent ce que Dieu leur offre. Alors, si je considère la manière dont Jésus me regarde, je me rendrai compte qu’il désire ma croissance. Il veut me voir retenir toutes les possibilités que Dieu me présente tous les jours par amour et par miséricorde. P.FB

MÉDITATION DU JOUR

Les gens de Jérusalem

La ville sur laquelle notre Seigneur a pleuré est tout d’abord la sainte Église, la sainte chrétienté. En second lieu, notre Seigneur a pleuré sur les cœurs mondains, et vraiment il y a de quoi pleurer sur eux. Tous les hommes réunis n’y suffiraient pas et ne pourraient jamais verser assez de larmes, car ils ne savent pas et ils ne veulent pas savoir les jours où ils sont visités. Hélas, si même ils le savaient… Mais non, ils sont en grande paix. Les gens de Jérusalem étaient, eux aussi, en grande paix, quand le Christ pleura sur eux. Quels sont donc ces gens ? Ce sont tous ceux qui vivent dans la recherche de la jouissance désirée par leurs sens extérieurs. Pourvu qu’ils aient assez de biens, de domination, d’amitié, de parenté, de richesse et d’honneur, de tout ce que leur cœur désire, tout ce qui les satisfait, les réjouit et fait leurs délices, comme s’ils devaient vivre éternellement ainsi. Ils vont bien se confesser, ils vaquent bien à la prière, et ils pensent que tout est pour le mieux. Si on risquait une seule parole contre cette assurance, pour dire que leur état n’est pas tout à fait bon, ce serait en pure perte. Ils se reposent dans leur justice, dans laquelle ils se croient en parfaite sécurité.

Jean Tauler, o.p.

Disciple strasbourgeois de Maître Eckhart, Jean Tauler († 1361) fut un théologien, un mystique et un prédicateur influent. Surnommé le « docteur illuminé », il appartient au courant des mystiques rhénans. / Sermons, Paris, Cerf, 2007, p. 374-375.

PRIÈRE

Et n’oublions pas…. En ce 19 Novembre…

PAPE FRANÇOIS : AUDIENCE GÉNÉRALE CATÉCHÈSE SUR LA PRIÈRE (2)

Bibliothèque du palais apostolique
Mercredi 13 mai 2020

Catéchèse – 2. La prière du chrétien

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous accomplissons aujourd’hui le deuxième pas sur le chemin de catéchèse sur la prière, commencé la semaine dernière.

La prière appartient à tous: aux hommes de chaque religion, et probablement aussi à ceux qui n’en professent aucune. La prière naît dans le secret de nous-mêmes, dans ce lieu intérieur que les autorités spirituelles appellent souvent le «cœur» (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nn. 2562-2563). Ce qui prie en nous n’est donc pas quelque chose de périphérique, ce n’est pas l’une de nos facultés secondaires et marginales, mais c’est le mystère le plus intime de nous-mêmes. C’est ce mystère qui prie. Les émotions prient, mais on ne peut pas dire que la prière soit seulement une émotion. L’intelligence prie, mais prier n’est pas seulement un acte intellectuel. Le corps prie, mais on peut parler avec Dieu également en étant affecté par l’invalidité la plus grave. C’est donc tout l’homme qui prie, si son «cœur» prie.

La prière est un élan, c’est une invocation qui va au-delà de nous-mêmes: quelque chose qui naît au plus profond de notre personne et qui sort de nous-mêmes, parce qu’il ressent la nostalgie d’une rencontre. Cette nostalgie qui est plus qu’un besoin, plus qu’une nécessité: c’est un chemin. La prière est la voix d’un «moi» qui vacille, qui avance à tâtons, à la recherche d’un «Toi». La rencontre entre le «moi» et le «Toi» ne peut pas se faire avec des calculatrices: c’est une rencontre humaine et très souvent on avance à tâtons pour trouver le «Toi» que mon «moi» est en train de chercher.

La prière du chrétien naît en revanche d’une révélation: le «Toi» n’est pas resté enveloppé dans le mystère, mais il est entré en relation avec nous. Le christianisme est la religion qui célèbre sans cesse la «manifestation» de Dieu, c’est-à-dire son épiphanie. Les premières fêtes de l’année liturgique sont la célébration de ce Dieu qui ne reste pas caché, mais qui offre son amitié aux hommes. Dieu révèle sa gloire dans la pauvreté de Bethléem, dans la contemplation des Rois Mages, dans le baptême dans le Jourdain, dans le prodige des noces de Cana. L’Évangile de Jean conclut par une affirmation synthétique le grand hymne du Prologue: «Nul n’a jamais vu Dieu, le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître» (1, 18). C’est Jésus qui nous a révélé Dieu.

La prière du chrétien entre en relation avec le Dieu au visage très tendre, qui ne veut faire ressentir aucune peur aux hommes. C’est la première caractéristique de la prière chrétienne. Si les hommes étaient depuis toujours habitués à s’approcher de Dieu un peu intimidés, un peu effrayés par ce mystère fascinant et terrible, s’ils s’étaient habitués à le vénérer avec une attitude servile, semblable à celle d’un sujet qui ne veut pas manquer de respect à son seigneur, les chrétiens s’adressent en revanche à Lui en osant l’appeler d’une manière confidentielle par le nom de «Père». Jésus utilise même l’autre mot: «papa».

Le christianisme a banni du lien avec Dieu tout rapport «féodal». Dans le patrimoine de notre foi ne sont pas présentes des expressions comme «assujettissement», «esclavage» ou «vassalité»; mais des termes comme «alliance», «amitié», «promesse», «communion», «proximité». Dans son long discours d’adieu aux disciples, Jésus dit cela: «Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître; je vous appelle amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai institués pour que vous alliez et portiez de fruit et un fruit qui demeure; alors tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera» (Jn 15, 15-16). Mais il s’agit d’un chèque en blanc: «Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je vous l’accorde»! 

Dieu est l’ami, l’allié, l’époux. Dans la prière on peut établir un rapport de confiance avec Lui, au point que dans le «Notre Père» Jésus nous a enseigné à lui adresser une série de demandes. Nous pouvons tout demander à Dieu, tout; tout expliquer, tout raconter. Peu importe si, dans la relation avec Dieu, nous nous sentons en faute: nous ne sommes pas de bons amis, nous ne sommes pas des enfants reconnaissants, nous ne sommes pas des époux fidèles. Il continue à nous aimer. C’est ce que Jésus démontre définitivement lors de la Dernière Cène, quand il dit: «Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, qui va être versé pour vous» (Lc 22, 20). Dans ce geste, Jésus anticipe au Cénacle le mystère de la Croix. Dieu est un allié fidèle: si les hommes cessent d’aimer, Lui continue cependant à aimer, même si l’amour le conduit au Calvaire. Dieu est toujours près de la porte de notre cœur et il attend que nous lui ouvrions. Et parfois, il frappe à notre cœur, mais il n’est pas envahissant: il attend. La patience de Dieu avec nous est la patience d’un père, de quelqu’un qui nous aime beaucoup. Je dirais que c’est à la fois la patience d’un père et d’une mère. Toujours proche de notre cœur, et quand il frappe, il le fait avec tendresse et avec beaucoup d’amour.

Essayons tous de prier ainsi, en entrant dans le mystère de l’Alliance. De nous mettre dans la prière entre les bras miséricordieux de Dieu, à nous sentir enveloppés par ce mystère de bonheur qu’est la vie trinitaire, à nous sentir comme des invités qui ne méritaient pas tant d’honneur. Et à répéter à Dieu, dans l’étonnement de la prière: est-il possible que tu ne connaisses que l’amour? Il ne connaît pas la haine. Il est haï, mais il ne connaît pas la haine. Il connaît seulement l’amour. Voilà quel est le Dieu que nous prions. C’est le cœur incandescent de toute prière chrétienne. Le Dieu d’amour, notre Père qui nous attend et nous accompagne.

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Mercredi 18 novembre

PAROLE DE DIEU DU JOUR : Évangile selon Saint Luc 19,11-28

COMMENTAIRE

Je trouve que cette parabole est déconcertante, je dirais même, dure. Il y a deux histoires parallèles. D’abord, l’hostilité entre le roi et les citoyens qui veulent s’en débarrasser. En second lieu, les interactions entre le roi et ses esclaves. Ces derniers reçoivent plus d’attention. Le roi est avare, tyrannique et cruel. Sa seule qualité est sa volonté de récompenser la fidélité et l’initiative de ses esclaves.

Mais alors, quel éclairage la parabole apporte à la nature du Royaume de Dieu ? Nous pourrions en déduire que notre service de Dieu ne doit pas être minimaliste, craintif, ou fait à contrecœur; il doit être généreux, imaginatif et agissant. Bref un agir au service de l’évangie sans crainte et continu ? Nous devons être disposés à prendre des risques pour répondre à la mission que Dieu nous confie. Être prêts « à perdre notre vie » afin de « la trouver » ! Jésus recherche des personnes à qui il peut faire confiance quite à prendre des risques. Les lâches et les indécis ne construiront jamais le Royaume, veut nous faire comprendre Jésus.

Le texte nous annonce la montée de Jésus vers Jérusalem, le ton de notre parabole n’est pas neutre. L’heure où les traitres, les lâches et les indécis, notamment parmi les apôtres, approche. Pensons  pourtant à la mission que Jésus confie à ses apôtres : il leur a dit d’aller porter l’Évangile au monde entier : une mission impossible, dirions-nous peut être aujourd’hui. Pourtant, il connaissait ceux qu’il avait choisis et c’est précisément ce qu’ils ont fait; ils ont pris d’énormes risques en propageant l’Évangile. Je peux alors demander la grâce de générosité, du don de moi-même, dans ma réponse à la mission qui m’est confiée.                                         P.FB

Message de Monseigneur Michel DUBOST, administrateur apostolique du diocèse de Lyon :

Le président de la Conférence épiscopale, Mgr de Moulins Beaufort, a rencontré ce lundi le premier ministre pour lui demander l’autorisation de célébrer la messe la plus normalement possible. Pour nous, en effet, l’Eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne.

Le Premier Ministre a entendu Mgr de Moulins Beaufort et lui a demandé de patienter au moins jusqu’au 1erdécembre et de prévoir les mesures barrières appropriées.

Les raisons de la demande sont simples à comprendre : les hôpitaux sont déjà pleins (un des prêtres du diocèse de Lyon a été évacué à Angers pour y être soigné) le personnel hospitalier est harassé. Il nous faut donc tout faire pour enrayer la propagation de la Covid.

Comment ne pas entendre cette demande ? Certes, il faut du courage pour l’accepter ! Mais nous ne pouvons pas proclamer que le Christ nous invite à rechercher le bien commun et refuser en même temps de prendre en compte les cris qui traversent notre société : cris des hospitaliers, cris des commerçants, cris et silence accablé de ceux qui sont réduits à la solitude et à la pauvreté. Comment pouvons-nous nous plaindre alors que la Covid fait des victimes ? Le Pape lui-même, montre l’exemple en annulant ses audiences et les messes ouvertes à tous.

Faut-il pour autant se résigner ? Faut-il pour autant mettre notre foi en veilleuse ? Faut-il renoncer à l’essentiel ? Certainement pas ! Comme des millions de chrétiens dans le monde qui ne peuvent célébrer la messe tous les dimanches, il nous faut vivre avec le désir de rencontrer le Christ en redoublant d’ardeur pour l’écouter en lisant la Parole de Dieu, en priant, en le rencontrant sous la figure des isolés et des nécessiteux, en continuant à bâtir son corps, la communauté.

Oui, frères et sœurs, « approchez-vous de Dieu, il s’approchera de vous » (Jac 4.7)

 Sortie du confinement

Nous pouvons espérer une reprise des messes en public en début décembre si la situation sanitaire du pays continue de s’améliorer. L’espoir est mince mais réel.  La conférence des évêques a remis au ministère de l’intérieur un nouveau protocole sanitaire. Celui-ci devrait être plus strict que le précédent, même si les grandes lignes avaient déjà été appliquées. C’est certainement au niveau de la distanciation entreles personnes que nous allons devoir faire encore plus d’effort. On nous parle d’une distanciation de 4m2 entre chaque personne (y compris membres d’une même famille ou d’un même groupe). Tout cela n’est pas complètement confirmé, mais je préfère, en amont, annoncer la couleur. Nous devrons encore améliorer l’aménagement de nos églises et respecter les uns et les autres, les uns pour les autres, les mesures  qui seront décidées. P.FB

PAPE FRANÇOIS  : AUDIENCE GÉNÉRALE CATÉCHÈSE SUR LA PRIÈRE (1)

Bibliothèque du palais apostolique
Mercredi 6 mai 2020

Catéchèse – 1. Le mystère de la prière

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous commençons aujourd’hui un nouveau cycle de catéchèses sur le thème de la prière. La prière est le souffle de la foi, son expression la plus propre. Comme un cri qui sort du cœur de celui qui croit et se confie à Dieu.

Pensons à l’histoire de Bartimée, un personnage de l’Evangile (cf. Mc 10, 46-52 et par.) et je dois vous dire que pour moi, c’est le plus sympathique de tous. Il était aveugle, il était assis en train de mendier au bord de la route à la périphérie de sa ville, Jéricho. Ce n’est pas un personnage anonyme, il a un visage, un nom: Bartimée, c’est-à-dire «fils de Timée». Un jour, il entend dire que Jésus devait passer par là. En effet, Jéricho était un carrefour de peuples, constamment traversée par des pèlerins et des marchands. Alors Bartimée se poste: il aurait fait tout le possible pour rencontrer Jésus. Beaucoup de gens faisaient la même chose: rappelons Zacchée, qui monta sur l’arbre. Beaucoup de gens voulaient voir Jésus, et lui aussi.

Ainsi, cet homme entre dans les Evangiles comme une voix qui crie à tue-tête. Il ne voit pas; il ne sait pas si Jésus est proche ou loin, mais il l’entend, il le comprend à la foule qui, à un certain moment, augmente et se rapproche… Mais lui est complètement seul, et personne ne se préoccupe de lui. Alors que fait Bartimée? Il crie. Et il crie, et il continue de crier. Il utilise l’unique arme en sa possession: la voix. Il commence à crier: «Fils de David, Jésus, aie pitié de moi!» (v. 47). Et il continue ainsi, en criant.

Ses cris répétés dérangent, ils semblent impolis, et de nombreuses personnes le réprimandent, lui disent de se taire: «Mais sois poli, ne fais pas ça!». Mais Bartimée ne se tait pas, au contraire, il crie encore plus fort: «Fils de David, Jésus, aie pitié de moi!» (v. 47). Cette obstination est si belle de ceux qui cherchent une grâce et qui frappent, frappent à la porte du cœur de Dieu. Lui crie, frappe. Cette expression: «Fils de David», est très importante; elle signifie «le Messie» — le Messie confesse — et c’est une profession de foi qui sort de la bouche de cet homme méprisé de tous.

Et Jésus entend son cri. La prière de Bartimée touche son cœur, le cœur de Dieu, et les portes du salut s’ouvrent pour lui. Jésus le fait appeler. Il bondit, et ceux qui lui disaient auparavant de se taire le conduisent à présent au Maître. Jésus lui parle, lui demande d’exprimer son désir — cela est important — et alors, le cri devient une requête: «que je recouvre la vue Seigneur!» (cf. v. 51).

Jésus lui dit: «Va, ta foi t’a sauvé» (v. 52). Il reconnaît à cet homme pauvre, sans défense, méprisé, toute la puissance de sa foi, qui attire la miséricorde et la puissance de Dieu. La foi, c’est avoir deux mains levées, une voix qui crie pour implorer le don du salut. Le Catéchisme affirme que «l’humilité est le fondement de la prière» (Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2559). La prière naît de la terre, de l’humus — dont dérive «humble», «humilité» —; elle vient de notre état de précarité, de notre soif constante de Dieu (cf. ibid., 2560-2561).

La foi, nous l’avons vu en Bartimée, est un cri; la non-foi c’est étouffer ce cri. Cette attitude qu’avaient les gens, en le faisant taire: ce n’était pas des gens de foi, mais lui en revanche, oui. Etouffer ce cri est une sorte d’«omertà». La foi est une façon de protester contre une condition difficile dont nous ne comprenons pas la raison; la non-foi c’est se limiter à subir une situation à laquelle nous nous sommes adaptés. La foi est l’espérance d’être sauvés; la non-foi est s’habituer au mal qui nous opprime et continuer ainsi.

Chers frères et sœurs, nous commençons cette série de catéchèses avec le cri de Bartimée, parce que sans doute tout est déjà écrit dans une figure comme la sienne. Bartimée est un homme persévérant. Autour de lui, il y a des gens qui expliquaient qu’implorer était inutile, que c’était un brouhaha qui restait sans réponse, un vacarme qui dérangeait uniquement, et qu’il était prié de cesser de crier: mais lui n’est pas resté en silence. Et à la fin, il a obtenu ce qu’il voulait.

Plus forte que tout argument contraire, dans le cœur de l’homme, il y a une voix qui invoque. Nous avons tous cette voix en nous. Une voix qui sort spontanément, sans que personne ne la commande, une voix qui s’interroge sur le sens de notre chemin ici-bas, surtout quand nous sommes dans l’obscurité: «Jésus, aie pitié de moi! Jésus, aie pitié de moi!». C’est une belle prière.

Mais ces paroles ne sont-elles pas gravées dans toute la création? Tout invoque et supplie afin que le mystère de la miséricorde trouve son accomplissement définitif. Les chrétiens ne sont pas les seuls à prier: ils partagent le cri de la prière avec tous les hommes et toutes les femmes. Mais l’horizon peut être encore étendu: Paul affirme que toute la création «gémit en travail d’enfantement» (Rm 8, 22). Les artistes se font souvent l’interprète de ce cri silencieux de la création, qui pèse sur toute créature et qui s’élève surtout dans le cœur de l’homme, parce que l’homme est un «mendiant de Dieu» (CEC, n. 2559). C’est une belle définition de l’homme: «mendiant de Dieu». Merci.

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Mardi 17 novembre

PAROLE DE DIEU DU JOUR : Evangile selon Saint Luc 19,1-10

COMMENTAIRE

Nous devons admirer Zachée, il a bravé le ridicule pour voir Jésus, et sa bonne volonté a été plus que récompensée, car Jésus s’est invité chez lui. Certains spectateurs ont murmuré en voyant Jésus visiter la maison d’un pécheur. Quelle aurait été ma réaction si j’avais été là? Jésus accepte les efforts de Zachée et le félicite de vouloir réparer les dégâts qu’il a causés. Jésus semble assez content de voir Zachée donner la moitié de son argent aux pauvres, puisqu’il ne lui a pas demandé de tout céder.
Je peux demander un sincère repentir de mes torts, et une foi vive en l’éminente miséricorde de Dieu, comme Jésus nous l’a enseigné. Est-ce que je crois vraiment que le Fils de l’homme est venu d’abord pour sauver ce qui est perdu? Je prie Jésus de m’aider à croire qu’il accueille mes pauvres
efforts. Jésus «est venu chercher et sauver ce qui était perdu.». Ce verset est la lentille à travers laquelle nous sommes invités à contempler cette histoire. Zachée est un haut fonctionnaire, un collecteur d’impôts à la solde de l’occupant romain. Pour les Juifs, il est un traître et un pécheur. Pourtant, il est celui que Jésus choisit comme hôte pendant son séjour à Jéricho. Qu’est-ce que cela nous dit sur Jésus ? À propos de son ministère ? De ses priorités ? Est-ce que je partage ses vues, ou suis-je parmi ses opposants ?
P.FB

INFORMATION

Ce lundi 16 novembre 2020, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF) et le Père Hugues de Woillemont, Secrétaire général de la CEF ont rencontré, avec les autres représentants des cultes, le Premier Ministre Monsieur Jean Castex et Monsieur Gérald Darmanin, Ministre de l’Intérieur, afin d’étudier les éventuelles évolutions des modalités d’exercice du culte dans le contexte sanitaire présent.
Cette concertation s’inscrivait dans le calendrier rappelé par le Conseil d’État dans sa décision rendue le 7 novembre 2020.
Le Premier Ministre a fermement redit que les conditions sanitaires ne permettaient pas aujourd’hui une reprise des célébrations publiques. Il a chargé le ministre de l’Intérieur de préparer sans tarder, en lien avec les représentants des cultes, les protocoles nécessaires à une reprise maîtrisée à partir du 1er décembre selon ce que les conditions sanitaires permettraient.

MEDITATION DU JOUR

Tournons notre regard vers Zachée


Il n’y a pas de profession ou de condition sociale, il n’y a pas de péché ou de crime d’aucune sorte qui puisse effacer un seul de ses enfants de la mémoire et du coeur de Dieu. « Dieu se souvient », toujours, il n’oublie aucun de ceux qu’il a créés ; il est un père toujours en attente vigilante et aimante de voir renaître dans le coeur de son fils le désir de revenir à la maison. Et quand il reconnaît ce désir, même seulement évoqué, et très souvent, presque inconscient, il se rend immédiatement présent, et par son pardon, il rend le chemin de conversion et de retour plus facile. Tournons aujourd’hui notre regard vers Zachée sur l’arbre : son geste est ridicule, mais c’est un geste de salut.
Et je te dis, à toi : si tu as un poids sur la conscience, si tu as honte de tant de choses que tu as commises, arrête-toi un peu, n’aie pas peur. Pense qu’il y a quelqu’un qui t’attend parce qu’il n’a jamais cessé de se souvenir de toi ; et ce quelqu’un c’est ton père, c’est Dieu qui t’attend ! Grimpe, comme Zachée l’a fait, monte sur l’arbre de l’envie d’être pardonné ; je t’assure que tu ne seras pas déçu. Jésus est miséricordieux et il ne se lasse jamais de pardonner !
Pape François
Jorge Mario Bergoglio, s.j., né en 1936 à Buenos Aires, a été élu pape sous le nom de François en

  1. / Angélus, 3 novembre 2013.

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Lundi 16 novembre

PAROLE DE DIEU DU JOUR: Évangile selon Saint Luc 18,35-43

COMMENTAIRE

« Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! » Quelle belle prière : je peux facilement la faire mienne, aujourd’hui et à tous les jours. En présence de Jésus, je lui demande de me venir en aide, dans tous mes besoins et particulièrement dans mes faiblesses.

J’entends peut-être aussi Jésus me demander : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Je prends le temps d’écouter la question de Jésus: J’entends la patience et l’amour avec lesquels Il s’adresse à moi et Il prend le temps pour répondre au désir de mon cœur. Suis-je aussi rapide que l’aveugle pour répondre ? Ce que j’attends de Jésus est-il aussi clair pour moi ? Je peux également demander de voir à nouveau ; voir la présence de Dieu dans ma vie et dans la vie du monde ; voir ce que le Seigneur veut que je fasse. Je remercie Jésus pour sa présence miséricordieuse et rassurante dans ma vie.

FÊTE DU JOUR : Sainte Marguerite d’Ecosse (+1135)

Petite-fille du roi d’Angleterre, elle se réfugia en Ecosse lors de l’invasion normande. Elle deviendra l’épouse du roi Malcom III dont la piété était fort grande. Il associait sa femme aux affaires du royaume et son règne durant quarante ans fut des plus heureux : huit enfants dans un foyer très uni et un pays bien géré malgré des luttes avec les envahisseurs normands. Elle meurt quelques jours après l’assassinat de son époux par les Normands d’Angleterre. Elle introduisit la liturgie romaine dans l’Eglise écossaise.

MÉDITATION DU JOUR

Ose l’approcher

Plus encore que la maison du peuple chrétien, l’église est la maison du Christ. Un mystère, une présence, remplit la plus pauvre des églises catholiques. Elle est habitée. Elle ne vit pas d’abord du mouvement que lui apporte le va-et-vient des foules. Elle est elle-même, antérieurement, source de vie et de pureté pour ceux qui franchissent son enceinte. Elle possède la présence réelle, la présence corporelle du Christ, le « lieu » où le suprême Amour a touché notre nature humaine pour contracter avec elle des noces éternelles, le foyer de rayonnement capable d’illuminer tout le drame du temps et de l’aventure humaine. Chacun peut entrer là et rencontrer personnellement et silencieusement, intimement le Jésus de l’Évangile. Chacun, quelles que soient ses ignorances, les fautes dont le souvenir peut l’accabler, ses secrètes détresses intérieures, ose l’approcher, comme jadis la pécheresse dans la maison de Simon le pharisien. Chacun peut crier vers lui comme l’aveugle de Jéricho, et dire : Seigneur, que je voie !

Card. Charles Journet 

Mgr Charles Journet († 1975), théologien catholique, suisse francophone, fut créé cardinal par le pape Paul VI en 1965. Il a joué un rôle considérable au concile Vatican II, notamment dans la rédaction de la constitution Gaudium et spes. / Le mystère de l’eucharistie, Paris, Téqui, 1981, p. 27.

Paroles du pape François

lors de la prière de l’Angélus , dimanche 15 Novembre

En cet avant-dernier dimanche de l’année liturgique, l’Evangile nous présente la fameuse parabole des talents (cf. Mt 25, 14-30). Elle fait partie du discours de Jésus sur la fin des temps, qui précède immédiatement sa passion, sa mort et sa résurrection. La parabole raconte l’histoire d’un riche seigneur qui doit partir et, prévoyant une longue absence, qui confie ses biens à trois de ses serviteurs: au premier il confie cinq talents, au second deux, au troisième un. Jésus précise que la distribution se fait « selon la capacité de chacun » (v. 15). C’est ce que le Seigneur a été faite avec nous tous: il nous connaît bien, il sait que nous ne sommes pas pareils et il ne veut favoriser personne au détriment des autres, mais il confie à chacun un capital à la mesure de ses capacités.

Pendant l’absence du maître, les deux premiers serviteurs se donnent du mal, au point de doubler la somme qui leur avait été confiée. Il n’en est pas de même du troisième serviteur, qui cache son talent dans un trou: pour éviter les risques, il le laisse là, à l’abri des voleurs, mais sans le faire fructifier. Le moment est venu du retour du maître, qui appelle les serviteurs à rendre des comptes. Les deux premiers présentent le bon fruit de leur engagement, ils ont travaillé et le maître les loue, les récompense et les invite à participer à sa fête, à sa joie. Le troisième, cependant, se rendant compte qu’il est en faute, commence aussitôt à se justifier en disant: «Seigneur, je sais que tu es un homme dur, qui moissonne là où tu n’as pas ensemencé et qui moissonne là où tu n’as pas semé. J’avais peur et suis allé cacher ton talent sous terre: voilà ce qui t’appartient » (vv. 24-25). Il se défend de sa paresse en accusant son patron d’être « dur ». C’est une habitude que nous avons aussi: nous nous défendons, si souvent, en accusant les autres. Mais eux ne sont pas fautifs: c’est nous qui sommes enfantes, le défaut vient de nous. Et ce serviteur accuse les autres, accuse le maître de se justifier. Nous aussi, souvent, faisons de même. Alors le maître le réprimande: il l’appelle un serviteur «mauvais et paresseux» (v. 26); il lui fait enlever son talent et le fait jeter hors de sa maison.